Histoire d’Aytré

Au fil des années, Aytré est devenu l’un des plus importants pôles industriels du département. Une politique de logement amènera la création de nouveaux quartiers et de nombreux commerces et industries. Les équipes municipales successives doteront également son territoire d’infrastructures scolaires, sportives et culturelles faisant d’Aytré la seconde commune la plus peuplée de la Communauté d’Agglomération de La Rochelle à laquelle elle a adhéré en 1993. Avec ses 8 937 habitants (source INSEE 2015), Aytré se place aujourd’hui en cinquième position des villes de Charente-Maritime.

Par son histoire, son urbanisme, son économie et son littoral, Aytré joue les particularités.

Le village d’Aytré était occupé dès l’antiquité, comme en témoignent les céramiques et les vestiges gallo-romains découverts au lieu-dit La Moulinette ainsi qu’à la pointe de Coureilles.

On retrouve des mentions d’Aytré au IXème siècle sous le nom romain Aitriacus, puis Aitriaco. Le nom évoluera ensuite en Naytré et Estrée. Le mot Aytré n’apparaitra qu’au XVIIème siècle.

Le nom Aytré signifierait chemin, route, voie romaine. Il viendrait de la strata, voie impériale romaine qui traversait le territoire de la commune.

Le territoire était très étendu, puisqu’il allait jusqu’au canal Maubec, prolongation de la rivière La Moulinette et à la pointe de Coureilles, les Minimes d’aujourd’hui. 19 hameaux étaient répartis sur ce territoire. L’extension de La Rochelle s’est faite en partie sur Aytré en 1216, 1372, 1590. Mais c’est l’arrivée du chemin de fer, dont la première gare se trouvait sur le territoire communal, qui va donner à Aytré ses limites actuelles en 1858.

Aytré appartenait à la baronnie de Châtelaillon sous le nom de La Salle d’Aytré. Pendant la guerre de Cent Ans, les rois de France tentèrent de nombreuses fois de reconquérir la place forte de La Rochelle détenue par les Anglais. Les troupes du roi de France stationnèrent sur le territoire d’Aytré lors des sièges successifs de 1224, 1226, 1295 et 1345. En 1572, les Rochelais protestants détruisirent le bourg catholique d’Aytré.

En 1604 une épidémie de peste sévit dans le bourg. D’août 1627 à octobre 1628, les troupes de Louis XIII et de Richelieu assiégèrent une dernière fois La Rochelle, devenue place forte protestante.Ce siège terrible vit 15 000 Rochelais périr sur les 20  000 habitants. Aytré devint le quartier général du Roi, il s’installa au château des Réaux tandis que Richelieu était au Pont de la Pierre. Une armée de près de 20 000 hommes stationna alors sur le territoire de la commune, ce qui bouleversa la vie quotidienne de ses habitants. Durant cette période, l’église du bourg devient chapelle royale…

En 1660 un grand feu de joie célèbre la paix retrouvée dans le bourg. En 1680 un bateau fait naufrage sur les rives d’Aytré.

En 1703 une trombe fait de nombreux dégâts dans le village. En 1773 une émeute de la faim éclate dans le village (à Bordeaux également).

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Aytré s’est retrouvé dans la poche de La Rochelle, bastion de résistance de l’armée allemande. Une grande partie de la population locale fut évacuée en vue des ultimes combats de la libération.

La première activité économique d’Aytré fut la récolte du sel et la pêche. Puis la vigne s’est répandue sur presque tout le territoire jusqu’à la crise du phylloxéra en 1870. Durant la Première Guerre mondiale, les Américains assemblaient à La Pallice du matériel ferroviaire militaire. Une fois l’armistice signé, la Middeltown Company, une société américaine, fonda à Aytré une usine pour la fabrication de wagons et de matériel roulant, sous le nom d’Entreprises Industrielles Charentaises (E.I.C.). En 1934 la Pullman Car Company achète la société. Pendant la seconde guerre mondiale, l’usine fut réquisitionnée par l’armée allemande, puis rachetée par le groupe Rothschild. La société Brissonneau et Lotz la reprend en 1956. Alsthom absorba cette société en 1972 et deviendra Alstom (sans h) en 1998.

Ce site industriel ferroviaire va profondément marquer et changer la destinée du village agricole en le transformant en ville industrielle et ouvrière. L’urbanisation de la commune s’est faite au détriment des surfaces agricoles cultivées. Il ne reste aujourd’hui que deux fermes sur les trente initiales.

 

Votre navigateur est dépassé !

Mettez à jour votre navigateur pour voir ce site internet correctement. Mettre à jour mon navigateur

×