Qualité de l’eau potable : une dérogation temporaire encadrée

Comprendre la présence de fosétyl et les actions engagées

Depuis 2021, des traces de fosétyl, un fongicide utilisé notamment dans la lutte contre le mildiou, sont ponctuellement détectées dans l’eau prélevée dans le fleuve Charente. Cette présence est saisonnière, principalement entre mai et juillet. Elle peut entraîner des dépassements du seuil réglementaire de qualité (0,1 µg/L) dans l’eau distribuée après traitement à l’usine de Coulonge, qui alimente notamment la commune d’Aytré.

Une eau potable sans risque pour la santé

Les analyses montrent que les concentrations mesurées restent très largement inférieures au seuil sanitaire fixé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (9 000 µg/L). L’eau du robinet peut donc être consommée sans restriction, y compris par les personnes les plus fragiles et les nourrissons.

Une dérogation encadrée

Conformément à la réglementation, une dérogation temporaire a été accordée par arrêté préfectoral (mars 2026) afin de maintenir la distribution d’eau potable. Cette procédure, strictement encadrée, n’est autorisée que lorsque la situation ne présente pas de danger pour la santé. Elle s’accompagne d’un programme d’actions et d’un suivi renforcé.

Un plan d’actions pour une solution durable

La Communauté d’agglomération de La Rochelle déploie un plan d’actions à la fois préventif et curatif :

  • poursuite du programme Re-Sources avec les acteurs du territoire et les professionnels du Cognac pour limiter les apports de fosétyl ;
  • identification des zones les plus contributrices sur le bassin versant ;
  • recherche de solutions techniques pour améliorer le traitement de l’eau ;
  • études sur le comportement du fosétyl afin d’anticiper sa présence et réduire sa concentration.

Certaines pistes sont à l’étude, comme le stockage temporaire de l’eau brute pour favoriser la dégradation naturelle de la molécule avant traitement.

Peut-on éliminer le fosetyl chez soi ?

Certaines entreprises commercialisant des équipements de traitement de l’eau au robinet démarchent les abonnés des collectivités ayant fait l’objet de non-conformités de la qualité de l’eau, rendues publiques conformément à la réglementation.

Le fosétyl est très difficile à traiter, même en usine. Les équipements qui vous sont proposés pourraient ne pas fonctionner et vous procurer une fausse impression de sécurité, alors qu’ils sont susceptibles, dans certaines conditions, d’altérer la qualité de l’eau. L’avis de l’ANSES publié en 2019 sur ces dispositifs est le suivant :

« Un traitement complémentaire de l’eau du robinet (anti-tartre, anti-corrosion, désinfection, filtration, etc.) installé sur le réseau intérieur d’un immeuble ou d’une habitation peut entraîner une altération de la qualité de l’eau. Aussi, il est indispensable qu’une eau froide non traitée soit disponible dans chaque logement pour les usages alimentaires (boissons, préparations des aliments). Avant d’installer un procédé de traitement complémentaire sur un réseau intérieur, il est nécessaire de vérifier son utilité au regard des caractéristiques de l’eau distribuée et des équipements à protéger. Une maintenance et un entretien adaptés du dispositif de traitement sont par ailleurs indispensables pour réduire le risque de dégradation de la qualité de l’eau distribuée. ».

Si vous êtes victime d’un démarchage abusif, vous pouvez alerter les services de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

S’informer et contacter les services

Pour toute question, les habitants peuvent contacter le service eau potable de l’Agglomération :
05 46 51 79 90 (choix 1) – eau.abonnes@agglo-larochelle.fr